Logement familial : pourquoi un époux propriétaire ne peut pas toujours disposer seul du bien
La vente ou l’hypothèque du domicile conjugal par son seul propriétaire peut être remise en cause lorsque l’accord de l’autre époux n’a pas été recueilli. Destinée à préserver concrètement le lieu de vie de la famille, la règle posée par l’article 215, alinéa 3, du Code civil restreint les pouvoirs de disposition de l’époux marié, indépendamment du régime matrimonial choisi.
Une protection qui accompagne le mariage jusqu’à sa dissolution
Le logement familial demeure protégé pendant toute la durée du mariage. Le mécanisme continue donc de produire ses effets au cours d’une procédure de divorce. Il cesse, en revanche, lorsque l’union est dissoute par un divorce devenu définitif ou par le décès de l’un des époux. Dans cette dernière hypothèse, d’autres dispositifs légaux assurant la protection du conjoint survivant prennent le relais.
Le champ personnel de cette règle reste strictement limité aux couples mariés. Les partenaires liés par un pacte civil de solidarité et les concubins ne peuvent pas invoquer ce mécanisme. La protection traduit ainsi la place particulière accordée au domicile de la famille dans la solidarité conjugale.
La propriété exclusive ne permet pas d’agir seul
Dès lors que le bien constitue la résidence principale de la famille, la nature des droits détenus est indifférente. Le logement peut appartenir exclusivement à un époux, relever de la communauté ou être détenu en indivision. Dans chaque cas, le consentement des deux époux s’impose.
La protection dépasse la seule propriété immobilière. Elle englobe les droits assurant l’occupation du domicile, notamment le bail d’habitation, ainsi que les meubles meublants qui le garnissent. Un époux ne peut donc pas, sans l’accord de son conjoint, vendre, donner, hypothéquer ou apporter en société le logement de la famille.
Le défaut d’accord ouvre une action en nullité encadrée
Lorsqu’un acte est accompli sans le consentement requis, le conjoint qui ne l’a pas donné peut en demander la nullité. L’action doit être engagée dans l’année suivant la découverte de l’acte, sans pouvoir être exercée au-delà d’un an après la dissolution du mariage.
Cette sanction impose aux notaires de déterminer si le bien concerné constitue effectivement le logement familial et, lorsque la protection s’applique, de recueillir l’accord du conjoint. Le propriétaire marié ne peut ainsi décider seul d’un acte susceptible de priver la famille de son cadre de vie.
Historique
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Logement familial : pourquoi un époux propriétaire ne peut pas toujours disposer seul du bien
Publié le : 09/09/2026 09 septembre sept. 09 2026Brèves Juridiques / Droit de la famille et du patrimoineLa vente ou l’hypothèque du domicile conjugal par son seul propriétaire peut être remise en cause lorsque l’accord de l’autre époux n’a pas été recueilli. Destinée à préserver c...